Mardi 7 décembre, Le Soir titrait en une « Le top 50 des entreprises qui trompent le fisc belge » avec ce curieux sous-titre « Elles le trompent légalement ».
Je ne sais pas ce que « tromper légalement » veut dire en matière de fiscalité, mais à lire pareil titre on ne peut que ressentir une indignation bien légitime à l’égard de ces entreprises infâmes suppôt du grand capital qui nous roulent tous dans la farine, Etat compris. Pourtant le problème est tout autre : ces entreprises ne font que respecter la loi qui leur permet de bénéficier d’une série de niches fiscales calculées sur mesures pour elles, ce qui n’apparaît guère dans le titre du Soir… Le texte de l’article est d’ailleurs très clair à ce sujet :
Pas question de fraude, pourtant. Ces sociétés profitent des différents mécanismes de déduction fiscale : les intérêts notionnels, l’exonération des plus-values sur actions, les « revenus définitivement taxés ». Autant de mesures, légales, qui permettent à de nombreuses sociétés de ne payer, dans les faits, aucun impôt.
Alors, pourquoi un tel titre ? Le dossier sur lequel se base le journal vient du PTB. Le Soir aurait-il recopié tel quel le titre du communiqué ou du dossier du PTB ? Voyons sur leur site.
Le communiqué :
Top 50 des ristournes fiscales :: un cadeau de 14,3 milliards de l’Etat aux grandes sociétés
Offensif mais honnête. Le côté « ristourne fiscale » et la responsabilité de l’Etat y sont clairement indiqués.
Le dossier :
Dossier Top 50 :: 50 sociétés, 14,3 milliards de ristournes fiscales
Le même, en encore plus sobre. Donc Le Soir n’a pas copié le PTB ni son centre d’étude, le journal a sorti ce titre incohérent de son chapeau. La version en ligne de l’article a vu son titre réécrit depuis lors en « Le Top 50 des entreprises qui ne paient pas d’impôts », suite je suppose aux nombreuses critiques d’internautes sur le titre initial.
Ce titre n’est malheureusement pas un cas isolé au Soir. On peut noter cet autre exemple récent :
Flambée des armes illégales à Charleroi et Fleurus
Le nombre d’armes illégales recensées a augmenté à Charleroi et Fleurus. C’est le travail de la police qui engendre une croissance du nombre de saisies, pas un boom du marché noir.
Le nombre d’armes illégales recensées a augmenté depuis 2008 à Charleroi et Fleurus, rapporte La Nouvelle Gazette. D’après le commissaire divisionnaire en charge du service armement, Christian Marit, c’est le travail de la police qui engendre une croissance du nombre de saisies. Il n’est donc pas question d’un boom du marché noir, selon le quotidien.…
Une contradiction flagrante apparaît dès le chapeau, il n’y a pas plus d’armes illégales, la police est juste plus efficace pour débusquer celles existantes. Ce qui était plutôt une bonne nouvelle devient en un titre une information à faire trembler dans les chaumières.
Alors que se passe-t-il au Soir ?
Pas d

