Premier exemple. La dernière campagne de pub anti-tabac :
Les pubs anti-tabac, c’est un peu comme les campagnes de prévention sida ou celles contre la faim en Afrique : on en a tellement vu qu’on ne réagit plus, quand une nouvelle parait on en parle vaguement dans la presse, le passant jette un oeil distrait sur une affiche lui rappelant des dizaines d’autres que son regard a croisé ces dernières années et voilà tout.
Mais ici, rien de tout ça. Contre cette campagne, deux camps se lèvent : un premier trouvant l’affiche choquante, exagérée, bref pas montrable à de braves citoyens ordinaires que nous sommes; et dans un deuxième temps un camp plus libertin dénonçant la mauvaise image donnée à la fellation dans la campagne. Tiens s’il faut choisir j’ai une préférence pour ce deuxième camp
Résultat : l’affiche passe partout notamment sur le net où se trouve le cœur de cible visé, à savoir ces jeunes inconscients qui fument toujours plus, autant de futurs cancéreux alors que le trou de la sécu augmente. Bingo !
Deuxième exemple. Campagne de pub pour un fournisseur de nom de domaine australien :
A première vue, bien qu’esthétiquement des plus intéressants, ce clip ne semble avoir aucun rapport avec de la vente de nom de domaine. Et pourtant, déjà presque un million de vues sur le clip… Que s’est-il passé ? Dès sa sortie, des associations féministes ont hurlé au non-respect de la femme, image dégradante, etc. Résultat, le CSA australien censure le clip, le web diffuse partout, la presse s’en mêle… Et voilà le nom d’un obscur fournisseur de noms de domaines australiens qui fait le tour de la planète en quelques jours.
Moralité de l’histoire : vous êtes publicitaire, vous cherchez à faire décoller la campagne du fabricant de saucisses qui vient de vous engager mais vous ne savez comment vous y prendre ? Cherchez quelles sont les associations les plus virulentes dans votre coin, faites la liste de tout ce contre quoi elles combattent, et insérez le tout dans votre campagne. Succès garanti !
Plus sérieusement, les apprentis-censeurs oublient deux détails dans leur raisonnement :
- Premièrement, en marketing, peu importe qu’on parle de vous en bien ou en mal tant qu’on en parle. C’est à relativiser sur un point, il ne faut pas que vos clients parlent mal de vous. Mais en choquant sur des thèmes qui n’ont rien à voir avec leur clientèle, ces publicitaires ne sont pas dans ce cas.
- Et deuxièmement, depuis l’avènement du web de masse, la censure n’a plus de valeur technique. Empêcher la diffusion mondiale d’un document est chose quasi impossible vu l’ampleur du travail, les législations différentes entre serveurs, internautes et webmasters…
Sinon, contre le tabac, les Inconnus avaient tout compris.


Salut Nico,
Ce qui est aussi incroyable avec cette « campagne » anti-tabac, c’est que quasi tous les médias ont sous-entendu qu’elle aurait lieu dans toutes la France et serait massive.
Seules 15.000 cartes postales en Ile-de-France étaient prévues…
Comme les médias allaient s’emparer du visuel, pourquoi faire plus ?
A bientôt !