Règlements de compte dans le Borinage

C’est l’histoire d’une pièce de théâtre avec un scénario digne de Sergio Leone, mais en version tragi-comique. Jugez plutôt :

Acte 1 – octobre 2007 : Patrick Pierart, alors bourgmestre PS de Colfontaine, est soupçonné d’avoir faussé des marchés publics et de mal justifier certains frais. Lâché par ses conseillers communaux, il démissionne et est remplacé par Lucien D’Antonio (PS aussi, majorité absolue à Colfontaine).

Acte 2 – février 2008 : Des perquisitions ont lieu chez Patrick Pierart et divers lieux administratifs de la commune. Apparemment sans suite, pas d’inculpation pour Pierart en tout cas.

Acte 3 – trame de fond depuis 2 ans : Le conseil communal est transformé en champ de bataille Pierart – D’Antonio. Les accusations volent. Le débat lui aurait plutôt tendance à s’écraser au décollage.

Acte 4 – janvier 2009 : Patrick Pierart sort dans la presse. « On n’a rien trouvé contre moi, le temps joue en ma faveur. »

Acte 5 – février 2009 : Il porte plainte contre la commune pour faux, usage de faux et utilisation du personnel communal à des fins privées.

Acte 6 – mai 2009 : Attention, là ça se corse l’affaire s’internationalise. En pleine affaire Donfut, Patrick Pierart s’exprime :

« Ces derniers temps, j’ai revisionné plusieurs interviews données par M. Donfut lors de ma démission, en octobre 2007.  Dans l’une d’entre elles, M. Donfut explique qu’il a demandé et obtenu, de la part d’au moins un fonctionnaire communal de Colfontaine, des informations confidentielles. Selon moi, il s’agit là de corruption de fonctionnaire. Je pense qu’on peut aussi y voir la preuve du complot dont je fus la cible. »

D’où une plainte de plus, cette fois pour divulgation d’informations confidentielles.

Acte 7 – octobre 2009 : Les élections sont passées, Didier Donfut est de retour comme président de l’IGH et la fédération PS Mons-Borinage se prépare à renouveler sa présidence début 2010. Trois candidats se déclarent, parmi eux, Didier Donfut, actuel président et… Patrick Pierart.

Acte 8 – novembre 2009 : Petit retour sur Colfontaine même, la bagarre juridique suit son cours. Patrick Pierart est condamné à rembourser à la commune l’excédent de salaire de 990€ reçu avant sa démission, tout en essayant de récupérer une somme de 14000€ datant d’un accident de travail pour lequel l’assurance a versé la somme à la commune plutôt qu’à lui.

Acte 9 – février 2010 : C’est le petit dernier, il est tout frais il vient de sortir; cette fois c’est la section PS de Colfontaine qui annonce que Patrick Pierart ne peut être candidat à la tête de la fédération de Mons-Borinage car il n’est pas en règle de cotisation pour 2008 et 2009. Bon jusque là ça se tient, dans n’importe quel parti il faut être membre en règle de cotisation pour briguer un mandat interne. En cas d’oubli, ça se règle administrativement assez vite.

Mais ici, non. Lu dans La Province :

Selon de nouvelles règles internes au parti, il n’est plus possible de s’affilier ailleurs sans l’aval de la commune qui l’a exclu.

Donc voilà que pas en règle de cotisation = exclusion, avec en plus impossibilité de se réaffilier sans l’aval de l’USC (union socialiste communale, ne confondons pas totalement commune et USC, merci…) d’origine. Ouch. Sinon après il reste le bannissement et le pilori, ça pourrait être amusant.

Enfin, par « nouvelles règles internes au parti », il convient de comprendre : « on a un peu trafiqué le bazar pour que le résultat soit plus propre, moins risqué, vous comprenez ? » Et sinon, pour le camarade Didier, il y a quoi de prévu ? Ca sera pour l’acte 10… Elle traîne en longueurs cette pièce vous ne trouvez pas ?

Partager :
  • Print
  • Digg
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • LinkedIn
  • Live
  • MySpace
  • Twitter
  • Wikio